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Full text of "journal francoise 2 sept 1905"

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F ^SER /NSTITUTE 




#me année— No II, 



LE NUMERO, 10 CENTS. 



Samedi, 2 &ept«5mbre 1905, 



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VERS INEDITS AU "JOURNAL DE FRANÇOISE' 



Za ?z«?ï mystérieuse éveille en nous des rêves. 
De beaux rêves levés le long des Jaunes grèves, 
Oui s' élèvent aux clairs de la lune familiers. 
Comme les papillons: nocturnes par milliers, 
Lourds encore du sommeil dont leurs ai/es son/ pleines, 
dis montent incertains vers les lueurs sereines, 
Et disparaissent. Puis, a autres essaims bienlêt 
Les joignent, qui s'en vent se perdre aussi lii-hant... 
Mais h ciel nous les rend, le grand ciel magnanime. 
Car il sait que le cœur le plus snb/iwe 
Doit à quelque vieux rêves obstinément rêvé 
Sa Jonc, et qu'il munirait s'il en était privé, 

II 

Le soir nous enveloppe, indiahlcmeni doux. 
Comme un regard ci' a mou i se promenant sur nous. 
L' Heure passe Ih-havi, penchant un peu son urne 
Pleine de paix divine et de rêve tmturm, 
I.a caresse de l'ombie éclatante du ciel 
Emplit le coeur de Joie et h bouche de mie/. 
La calme nuit étend son empire itanquilie. 
Le bienfait du silence approche de ta pUle. 
Ht nous sommes tous deux sans parole, songeant 
A ta sainte splendeur des points a" or ci d'ateent, 
Heureuse, loin du ÂYel /aie/, i t /ui mM$ 'étût/ne, 
Comme s'il nous pleuvait des ffaïfcs dons terne l 



AoiH jçoj. 



ALBE&T I.OXLAC 



tristesse. 



Le OPeWr dlVi'ii dit B9 ! . fer ' ' H ïê CT,, 

Presse wnur à» f&rfir* ei h faUfr .. v> 
léair n>se pleiti d: gim ■ t k ém* \ ■•.'?«-, 
JfytSfU lî & piii àw ihxse ei ■aiê.'e tg& :d,vt. 

Le tilïctsL /"(•-':■; - : ■ ■ i /.- . mêmes 

S'êmeinwi eksm h irisejri imrs fîm "wm$ . 
Viheni comme trnt i- fk jet ■■'■.. In ■'émis 

Ait cm-nr iris"* -, : fm . r te mmtm I 



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COMT. SSE ê - XPA/LIES 



tE JOURNAL DE FRANÇOISE 

FRONTENAC INTIM 

1652-1658 
D'après îfis 'Mémoires" de Mademoiselle de Montpensier 

La Fronde était vaincue. Cou- de Fiesque, sa dame d'honneur, la- ''Mémoires", hésitait, parce qu'elle 
di en [vite, Turennc triomphants quelle "avait mal parlé d'elle à Pa- était par la naissance fort au-des- 
la Cobx et i« R™ rentres avec ris*'. Cette médisance lui avait été sous de Mesdames de Saint-Georges 
lui à Paris, bref, la déroute rapportée par une autre de ses inti- et de Fiesque qui l'avaient précédée 
des rebelles était complète. Ces- mes, Madame de Mortemart, sujette à ce poste d'honneur. 
tait, pour les ennemis de Maza- elle-même à caution sous le rapport "Depuis que la comtesse de Fies- 
rin, l'heure fatale de f affolement de l'amour du prochain mis en pra- que fut morte, j'avais souvent parlé 
et de la panique, le moment du sau- tique et de la charité chrétienne à Préfontaine des personnes que je 
ve-qwi -peut général, instant décisif, exercée dans les conversations élé- prendrais pour dames d'honneur ; je 
minute suprême qu'il ne fallait gantes et mondaines du grand siè- n'en voulus prendre aucune qui en 
point laisser échapper, an risque de cle. Fiesque y faisait courir le bruit usât aussi mal avec moi qu'avait 
sa propre tête. que la Grande Mademoiselle s'était fait la défunte, et je louais Dieu 

— 0à voulez-vous donc que j'aille, enfuie jusqu'en Flandre, et sur cela tous les jours d'en être débarrassée ; 
monsieur ? demandait à son père la "la daubait comme il fallait au lieu je souhaitais tant de qualités en 
belle Frondeuse» tonte frissonnante de l'excuser". Mais Montpensier lui la personne que je voulais choisir, 
du péril de la situation. rendît avec usure la monnaie de sa que je trouvais que -.Joutes celles qui 

— Où vous voudrez, avait brutale- pièce, car la comtesse de Fiesque me venaient dans l'esprit ne les 
ment répondu Gaston d'Orléans. étant venue rejoindre la Grande Ma- avaient point. Un jour, il me vînt 

Mademoiselle de Montpensier s'en demoiselle à Saint-Fargeau , celle-ci en pensée de prendre Madame de 
alla, à tout hasard, dans cette nuit s'écria avec un accent railleur et une Frontenac: elle était fort jeune; elle 
sinistre du 20 octobre. 1652, d'abord physionomie de malicieuse surprise: s'était attachée à moi pendant ma 
chez la comtesse de Fiesque, ensuite "— AJi! madame, comment êtes- disgrâce ; je la trouvais bonne f ém- 
ettez madame de Montmart, plus vous ici, vous qui me croyez en me, et elle avait de l'amitié et de 
tard chez, madame de BoutfaiJJier, à Flandre ?" la complaisance pour moi. Je di- 

Font-sur-Seine, enfin â Saint-Far- Fiesque, dans l'estime de la Gran- sais: je l'aime et je l'estime ; et 
geau, 1 une de ses terres où elle fit de Mademoiselle, n'était qu'une pour être jeune, cela n'importe, j'y 
halte définitive et s'installa pour vieille intrigante, "une de ces sortes suis accoutumée. En même temps, 
l'e-ol. Elle y attendit "ce que de- d'esprits dangereux dans les mai- je songeais que son mari n. était pas 
viendraient les affaires", es d'an- sons", qu'elle toléra cependant à uni grand seigneur ; à cela, je disais: 
très termes observa les événements, Saint-Fargeau. Le jour qu'elle s'ins- il est dans le monde comme mille 
en suivît la marche et en prépara tafia chez La princesse, celle-ci .dit à gens qui le portent fort haut. Tout 
les issues. Madame de Frontenac: "Je vous bien considéré, je n'y trouvais à re- 

Dès les premiers jours, c'est-à-dire conjure de ne faire aucune liaison dire que la qualité. Je ne savais pas 

sm commencement de l'année 1653, avec la comtesse de Fiesque; de n'en- encore la liaison que Madame de 

Frontenac et sa femme, de concert trer dans aucun de ses commerces, Frontenac avait avec la comtesse de 

avec la comtesse de Fiesque, mère, parce que j'ai beaucoup d'estime et Fiesque ; ainsi je * croyais qu'elle 

entrèrent, par le complot et l'întri- d'amitié pour vous, et je sens ïbieii s'attacherait fort fidèlement à mon 

gue.danH tes ailaires — querelles po- q i >t* je perdrais l'une et l'autre si service. 

litique», troubles de lamifié — de vous la fréquentiez." Elle avait fait ut* . . . 

-m 1 11 1 u m . 1 , ,„-,„, tu * ^iv4uuu "Comme je suis/ un peu glorieuse, 

Mad em oiselle et Montpensier. Tout la même défense a Préfontaine, sou j a ««alité de M< l ■ ï s- ' 

aussitôt, la Grande Mademoiselle, secrétaire. â . ,. . , 

Georges et celle de la comtesse de 
par nm répugnance instinctive, une l M comtes de Fiesque, mère, Fiesque me paraissaient fort au-des- 
«Btiptubie subite, ans* violente étant morte l'année suivante, - 8ltt de la sieone. Préfontaine entrait 
qn< immuable, pn^-nim^i a, )6m , _ entourage de Mademoiselle dans mon opinion, et me disait : 
verWur que l'eini«iiu * eta»t &h- de Montpensier la sollicita vivement "Ce que vons dites est à considérer; 
fié ™~t dans J« place, tout <fe prendre Madame de Frontenac vous aimez Madame de Frontenac ; 
au^tot, dis r la Wande Mad*moi- pour lui wmèfy*. Montpensier, les personne, de votre qualité clé- 
selle se prit a détester la comtesse "fort glorieuse", disent ses propre* vent les gens qui leur plaisent et on 



r,E .TOURNAI, DE FRAH ÇOISET 1% 

lie peut trouver à redire que vous les gâte, elle en dit trop-" Fuis elle Blois était pins sûr. Mais le danger 
fassiez du bien à Madame de Fron- ajoute: "C'est tttte dame qui fait était égal pour Madignoiselk de 
tenac." ^ ort ^ cn ^ es assemblées, chez qui il Montpensier. Mois on Paris, c'était 

"Nous parlions souvent de cela y a plaisir d'en aller voir ; qui pa- Charybde ou Scyila, 11 fallait, à 
ensemble sans prendre de résolution; re un cercle, mais avec qui il n'y â tout prix, éviter ces deux abîmes 
et même quand je fus déterminée à pas plaisir de demeurer. Je vous as- et se tenir à bonne distance de fenr 
nommer Madame de Frontenac ma sure que je ne l'aurais pas retenue périlleuse attraction. Prisonnière de 
dame d'honneur, je ne lui en parlai chez moi, ou du moins je ne F aurais Gaston d'Orléans on de Lirais XIV, 
point, parce que je ne voulais pas pas gardée si longtemps., sans la c'était toujours la captivité, la dé- 
encore en venir a l'exécution ; je considération de son mari que j'ai- pendant» intolérable ; ïî n'y avait 
crus qu'il était bon de n'en point me et que j'estime parce qu'il a du de différence que dans les noms de 
parler, persuadée que je pouvais mérite et qu'il est mon parent et at~ l'oiseleur et de la cage. Comme le 
changer encore." taché à votre service" (celui du loup de la Fable, elle lut morte de 

Finalement, la Grande Mademoi- prince de Condé ) . laiin plutôt que de ne pas coa- 

selle se rendit aux instances de Ma- 1/ ennemi, une fois introduit dans rsr où elle voulait. Et Dieu. 
dame de Choisy qui la pressait plus la place, ne tarda pas à manœu- sait comment elle entendait la îi- 
que personne en faveur de la sédui- vrer. Un troisième allié — le plus berté, une liberté farouche, embra- 
sante comtesse. Madame de Fronte- redoutable — entra presque aussitôt gens*, absolue. 

nac fut nommée dame d'honneur ;le en scène, Uouis de Bnade, de Vainement son père, F Altesse 
même jour, la jeune comtesse lie Palluau et Frontenac, était un roué Royale, lui commandait-il par let- 
Fiesque fut autorisée à remplacer sa politique et mondain. Incomparable tre ou par émissaire de se rendre à 
mère, comme amie seulement, au- acteur, il jouait de l'intrigue comme Stenay, à Bellegarde, à Châtelle- 
près de la duchesse. Uulli du violon, en virtuose qui rault. la Grande Rebelle rrfmsait 

Mademoiselle de Montpensier ne peut se réclamer de l'autorité des avec hauteur et s'enfermait à Saini- 
fut pas lente à regretter cette dou- grands maîtres et se passer les fan- Fargean comme dans nue forteresse. 
ble nomination. Elle-même nous taisies, même les plus bizarres, des Une fois cependant, elle eût grand*- 
avoue s'être fait berner de la bonne grands artistes, ne se souciant nul- peur. 
manière en cette circonstance. lement des "qu'en dira-t-on" de Ue maréchal de Graniomt, s'en al- 

"Madarne de Bouthillier fut trans- l'opinion publique tenue en superbe lant en Serti, passa par Blois et 
portée de joie pour l'honneur que je dédain. proposa à Gaston d'Orléans d'en- 

faisais à Madame de Frontenac, sa Apte à tons les rôles, il en savait, voyer Mlle de Montpensier à Fxom- 
parente. J'écrivis à Son Altesse au besoin, revêtir et dépouiller tous tenac (i). "On me dépêcha, dit- 
Royale (Gaston d'Orléans) et j'en- les caractères et tous les costumes, "elle, nn exprès de Blois. Son Al- 
voyai la lettre par M. le comte de aussi bien que les charges, les res- "tesse Royale m'écrivit une lettre à 
Béthunepour la lui présenter, et, ponsabilités, les ridicules,, les glo- "ce sujet et Coulas (le porteur de 
pour appuyer l'affaire: ce qui ne fut rioles ou les vilenies. Physiquement "la sommation ) me montra que 
pas fort difficile. Cependant ( pau- et moralement il se grimait à mer- "c'était l'intention dit Roi, laquelle 
vre sotte que, j'étais"! ) je donnai veille et le diable en personne "ne changerait point. Quand des 
clans le panneau le plus lourdement — au dire des Jésuites — ne F eut "gens comme le Roi ont mise fois 
du monde. J'ai su depuis que la pas reconnu sous sou maquillage "mis; les chevaux an carrosse et 
comtesse de Frontenac disait: "Ma- quand il se mettait en frais de cou- "qu'ils sont en chemin, ils ne mot- 
demoiselle croit m'avoir choisie et rir une aventure galante ou politi- "lent plus. Son Altesse Royale 
que je suis à elle cle sa main ; si elle que à travers cette mascarade êlê~ "m'ordonnait de l'aller trouver. Je 
ne l'eût fait Son Altesse Royale gante et choisie que fut le grand siè- "l** supplias très humblement de 
l'aurait obligée à me prendre ; et je de de I,onis XIV, "m'en dispenser, .récrivis une belle 

dépens de lui, et non d'elle," Com- Dès qu'ils se crurent solidement "et longue lettre pour me défendre, 
me la réponse de Blois fut arrivée, établis dans la confiance de la du- "I<«Towr en fut le porteur." 
M. de la Grange m'envoya Pagre- chesse, Frontenac et sa femme,, la Montpensier en fut quitte pour ta 
meut ( le consentement ) de la Reine comtesse de Fksque et son mari crainte. (Quelques fonts après, le 
qu'elle eut bien de la peine à don- qui était le représentant officiel de comte de Bétfemoe, F un de s*s ç*r- 

ner. J'ai su qu'elle avait dit: " Ma la Grande Mademoiselle 1 auprès de "* 

nièce prend une dame d'honneur qui" M, le prince de Coude, lui conseillé- < i ) I* château de Frontenu 
n'est ai de qualité ni de mérita à rout d'abandonner,, Saint-Fargeau Paris, propriété du grand-père de 
l'être," 1>our stenay ou Bellegarde, prête»» notre Frontenac, Antoine de Bwudé, 

Mêmes réflexions «mères sur la dant que ce lieu de refuge était trop seigneur de Frontenac,, baron de 
jeune comtesse de Ftesque: "Au lieu près de Paris, c'est-à-dire de la éo» PalluM», compagnon dannes d'Htn- 
d<s raccommoder mes ail aires, elle 1ère du Roi, et que le voisinage de ri IV, 



t&4 T-rB JOUR MAI, DR FRANÇOISE * 

restt&îldauts réguliers, êtattt alors à s'empêchaient mutuellement.,, de peu affectionnée à moi et "que" je 
Blois, lut Manda que tout ce que le partir! me réjouissais de ce qu'il avait don- 

marêehal de Grarnont avait dit Le fait est que Gaston d'Orléans né dans leurs panneaux ; "que" je 
"m'était que raillerie et qu'elle n'en attendait qu'un troisième eoncur- souhaitais fort qu'il fît une paix 
devait pas se mettre m peine." mit entrât en lice pour se remuer lorsqu'il y trouverait son avantage; 

NtHUrseuletucnt la duchesse se rebif- effectivement. Ce tiers n'était autre "que" je ne me mêlerais point de 
fait sous la férule "paternelle" de que le prince de Coudé en personne, lui donner des conseils dans la 
Gaston d'Orléans, mais elle osait en- D'Orléans désirait qu'il prît le pas crainte "que" l'événement ne fût 
eare narguer Louis XIV, la Reine et pour remboîter bien exactement pas tel que je pourrais le désirer; 
Magasin, l'autorité royale divinisée derrière lui, marcher dans sa piste, "que" l'envie d'aller à Paris ne 
Si trois personnes, à laquelle il fal- à la iîle indienne, avec tous ses par- me ferait jamais conseiller à mes 
lait croire en ce texaps-là comme à tîsans, amis d'agir contre leurs avantages ; 

un dogme. Au mépris le plus fia- D'un autre côté, Beauvais, un in- "que" je serais fort fâchée qu'on 
grant des ordres les «plus formels de time du prince de Condé qui jouait pût me reprocher "que", par la con- 
l'AItesse, ,et par un coup d'audace auprès de Mlle de Montpensier un sidération de mes intérêts, je me 
invraisemblable, la Grande Made- rôle identique à celui de Frontenac voulusse prévaloir du crédit "que" 
ntoiselle quitta Saînt-Fargeau et auprès de Gaston d'Orléans, celui j'ai sur eux pour hasarder les 
vint à Pont -sur-Seine, chez sa gran- d'entremetteur, Beauvais, dis- je, leurs." 

de amie, Madame de BoutMllîer, où "avait rapporté à son maître H est fâcheux "que" la règle du 
elle passa six semaines. La Cour ''qu'il fallait que M. le prince fît sa "QUE retranché" ne s'applique pas 
était alors (1654) à Fontainebleau "paix et que ce fussent Mademoisel- en français: 23 "que" dans un espace 
et je vous prie de croire à la man- "le de Montpensier et Madame de de 23 lignes! cette phrase, indénia- 
vaise humeur du sieur Gaston qui "Longueville qui s'en entremissent, blement, souffre d'une conjonctivite! 
lui avait expressément commandé "qu'elles eussent l'honneur de cette Mais si lourde qu'elle soit à la 
de ne point chercher à se rapprocher "réconciliation difficile." lecture elle offre un exemple trop 

du Roi. Si le père était furieux, C'était un badinage de Madame la frappant de la générosité comme de 
la fille était ravie: "Madame de comtesse de Fiesque que le zélé Beau- l'étourderie du ear-ectère de cette 
"Bouthillier maria une de ses filles; vais avait pris au sérieux et qu'il mémorialiste célèbre pour n'être pas 
* s efle me donna mue collation dans avait tout aussitôt rapporté au ici publiée "in extenso". Aussi ne 
"un bois,, avec des lumières et des prince. retardons pas inutilement la marche 

"violons. Ceint une jolie fête à voir "Pendant ce récit, nous disent les du récit par des réflexions qui se 
"et encore plus à mander (racon- "Mémoires", la comtesse de Fiesque présentent naturellement à l'esprit 
"1er) pour montrer qu'on ne s'en- se pâmait de rire. Pour moi, je n'en du lecteur. 

"nuyait point hors de Paris. Je ris point ; je lui dis assez sèche- Rien n'égale cette naïveté magna- 
"iiî'en approchai à dix lieues." ment, sans me mettre cependant en nime de la duchesse si ce n'est la du- 

Le côté comique et vilain de cette colère, "que" je la priais doréna- plieité, la rouerie des amis perfides 
querelle politique est celui-ci: Gas- vant de ne plus tnenoiumer sur des dont elle s'entoure, qu'elle garde à son 
ton d'Orléans, aussi lâche qu'hypo- affaires de cette nature. Elle vit service en dépit des fourberies les 
erite, feignait de craindre pour la li- bien "que" cela ne m'avait pas plu. plus manifestes et les plus grpssiè- 
berté de sa fille, quand, à son avis, J'écrivis, dès le soir, à M. le prince res. Frontenac et Fiesque, ostensible- 
elle semblait m rapprocher trop de pour lui dire "que" je m'étonnais ment alliés de Mademoiselle, mais 
la Cour, Au fond, il ne redoutait qu'il eût pu croire "que" si j'avais secrètement, et sûrement aussi, dé- 
. qu'une chose, celle-ci: que Mlle de eu une affaire sérieuse et importante voués à Gaston d'Orléans, manœu- 
Montpensier, sa fille, vint à s'ac- â lui mander je l'eusse confiée à vraient de leur mieux pour ne rien 
commoder "avant" lui avec Louis Beauvais et à la comtesse de Fies- perdre des bonnes grâces du père et 
XIV, la Reine mère et Mazàrin. Cet- que ; "qu"il savait bien "que" je de la fille, s'évertuaient à servir 
te réconciliation, devançant son lui avais mandé par Saler "qu"'il également bien deux maîtres, trahis- 
propre accommodement, l'eût placé ne m'envoyât jamais Beauvais ; saut l'un et flattant l'autre alterna- 
dams une situation aussi fausse que "que" je j Je aie fiais point à lui ; tiveinent, Leur but, bien manifeste 
ridicule. Ce qui «?ût été absolument "qu'"il pouvait envoyer Saler lors- celui-là, était d'être admis à la 
fâcheux pour un courtisan aussi qu'il avait quelque affaire d'im- Cour à la suite de Monsieur ou de 
bien coté dans la haute pègre Buî- portauee à me mander ; pour Mademoiselle ; partant, ils étaient 
vre l'exemple, au lieu de le donner, la comtesse, "que" c'était une tout disposés à se faire les valets 
quelle disgrâce! De là, une cour»» créature "que" je connaissais de l'une et de l'autre, changeant 
au batse-ïuajii aussi humiliante que pour une folb; en qui je ne pren- d'allégeance avec une désinvolture 
folkhottue, course oit les deux corn- drais jamais aucune confiance 1 ; égale à celle du domestique de "l'A- 
pétïteurs, jaloux l'un de l'autre, "que" je la ©royaîu imprudente et vare", changeant de livrée suivvst 



US JOURNAL DE FRABÇOÏSB^ ié§ 

qu'Harpagon parlât au cocher ou vu si impertinent homme. Hier, il a aie et le mien. Je fas obligée d*«« 

au cui.si.nier. failli manger la comtesse de Sully écrire d'autre â mes amis ; j'éeri- 

Ne pouvant amener Montpensier à dans son carrosse, et voulait m*é- vis QUARANTE lettres avec «ne 

quitter Saint-Fargeau et à se tap- trangler." La duchesse envoya que- migraine épouvantable!" 

procher de Blois géographiquement rir M. d'Herbault, onde de Pronte- Soixante-quinze lettres eu un seul 

et politiquement parlant, les aîfidés nac, qui fit force excuses â Fréfon- jour! cela justifie un mal de tête, 

de Gaston (i), demeurés jusqu'à- taine. Frontenac passa vingt-quatre ,s qui ne vous sort pas de l'idée**, 

lors pour leurs frais de caresses, de heures dans sa chambre où person- s'il m'est permis de parler m laaga- 

menaces et de ruses, cherchèrent à ne ne le vit, que sa femme et son on- ge pittoresque. 

corrompre le domestique de la du- cle qui le gardaient Jusqu'à ce que Et quelle conduite tenaient Mes- 

chesse, non seulement le domestique son accès fût passé. La cause de tout dames de Frontenac et de Fiesqae,em 

mais encore la valetaille. Les traits ce beau tapage: rancœur de Fronte- ces temps de crise judiciaire aigle ? 

d'infamie pullulent et on n'éprouve- nac contre Préfontaine qu'il accusait Les "Mémoires" nous l'apprennent 

rait à les citer que l'embarras du d'avoir fait écarter la candidature et nous édifient sur leur compte.: 

choix. Après avoir cherché à com- de sou beau-père au poste de d'Her- "Fendant que je dînais ou sonnais, 

promettre son secrétaire Préfontai- bigny. écrit la duchesse, j'avais quelquefois 

ne, à soudoyer son écuyer, on s'at- "L'attachement que ma femme et envie de pleurer ; les larmes nae ve- 

taqua à son contrôleur des finances, moi avons eu au service de Votre liaient aux yeux: les comtesses me 

Madame de Frontenac réussit à lui Altesse Royale, disait hypocrite- regardaient et me riaient au nez!'" 

en imposer un ''qui devait faire mer- ment Frontenac, m'a fait croire que "Monsieur le comte de Bétîniae 

"veille", écrit Mademoiselle, "c'est- je devais vous oifrir les services de étant à Saint-Fargeau, je lai fit de 

"à-dire comme les autres, ses prédé- M. de Neuville." Mais la duchesse gramdes plaintes de la conduite de la 

"cesseurs ; il me vola impunément ne se laissa pas leurrer cette fois, et comtesse de Fiesque et de Madame 

"et fut contraint, le temps pascal" d'Herbigny n'eut pas de successeur, de Frontenac ; cette dernière l'alita 
"advenant. — celui de 1653 —de me Les chausse- trappes évitées. Mont- trouver les larmes aux veux et lui 

1" demander/ pardon et,,de;-mq ".prier pensier eut à braver les "coups de témoigna le déplaisir qu'elle avait 

"de lui donner ce qu'il m'avait dé- force. Gaston d'Orléans eut le triste que je ne la traitasse pins comme â 

"robe." courage de recourir à ce moyen, pro™ l'ordinaire. Il se laissa si bien dm- 

"Frontenac, à son tour, voulut cédé déshonorant appliqué contre per par ce qu'elle lui "dit, et moi ans- 
lut imposer un intendant dans la une femme. 11 la contraignit de ren- si, qu'il nous raccommoda. Elle 
personne de son beau-père, M. de voyer de son service son fidèle se- pleura beaucoup et me fit paraître 
Neuville, lequel aurait alors succédé crétaire Préfontaine, puis Nau, un une grande tendresse pour ma per- 
à d'Herbigny. Cette petite "combi- conseiller légal, avocat d'une grande sonne, blâma la conduite de Mada- 
nazione" fut l'occasion de l'une des probité dont elle prenait les conseils me de Fiesque et me dit. qu'elle re- 
plus belles colères de Frontenac. El- et suivait ponctuellement les avis nonçait à tout commerce avec elle, 
le mérite d'être racontée. dans le procès qu'elle avait intenté hors celui à quoi la bienséance Fo- 

Les "Mémoires" nous rapportent à son rière au sujet de sa reddition hlîgeait. 

donc qu'au cours d'une promenade à de compte de tutelle, reddition qu'il Cette comédie de salon se jouait 

Saint-Fargeau: "je vis Préfontaine retardait, et pour cause, par tous les au mois de juin, 1655. Om verra, par 

qui se promenait avec Frontenac, qui moyens licites et illicites possibles,, la suite du récit, comment la future 

parlait d'action (gesticulait vio- enquêtes, plaidoiries, délais d'appel a "Divine" tint parole. 

lemment). Je m'aperçus que cela et autres procédures interminables, . . ^ ^ 

durait ; sa femme et Madame de Cette querelle de famille compli- 

Sully l e remarquèrent; ; elle me pa- quait encore les ennuis politiques de ERNEST MYRAND. 

furent en être inquiètes et je Pétais la Grande Mademoiselle et la jetait Québec, ter septembre 1903, 

de mon côté. J'appelai Préfontaine, dans des embarras inextricables en 

et lui demandai: Qu'est-ce que vous apparence. On jugera de la tablature *~"~ " 

disait Frontenac? 11 me répondit : qui lui donna ce procès par ce dé- c »^ t dans k m . AÏhvtkT s1irtoMt que 

-11 m| querellait. Je n'ai jamais tail que nous rapportent les "Mê- roîs g<nHe p amitié, pans que c'est, 

. ~ "~\ moires a ce sujet : dans le malheur que F on a besoin 

( t ) Je rappelle, en passant, que "J'eus fort la migraine lorsque je d'elle, — A»ïs, 

ce fut en l'honneur ( ?) de ce vi- reçus ces avis, (que l'affaire serait 

bon Gaston d'Orléans, que Chant- jugée dans quatre jours ). Je ne lais- 

plaiu, l'illustre fondateur de Que- sai pas d'écrire à "trente-cinq" La jeune fille s'habille pour tout 

bec, nomma le "Grand sault de la juges (33, vous Use* bien ) des lettres monde, la jeune femme pour qwel- 

Chaudière" sur la Rivière des Ou- a ssez. longues ; il fallait leur repté- qu'un» la vieille femme po-air quel- 

taouais, le SAllT DE GASTON ! sent» l'intérêt de Son Altesse Roy- ques-unes, — Henri Lwenay» 



Jeunes Filles a Marier 



tm LE JOURNAL DE FRANÇOISE 

► AJu^AruvvT-r--u^.-u-u"u-irrinr » , i , i 'i- à * " ■ " ■ ■ **i*^ . o *^****<*^^^**w»** —M. xxx est si aimable, il cause 

volontiers avec moi, il m'invite sou- 
vent à danser... 
Hélas! M. xxx se marie, ou bien 

il quitte le pays, et la pauvrette a 

• „w_ j c cœur un p eU g roSi 

(Pour les lectrices du -Journal de Ftauçoise .) Le tcmpg ^^ et ^ n . artive> 

Si un humoriste s cru pouvoir belle dot et de non moins belles es- Elle ne perd point espoir cepen- 

émettre « paradoxe: "Le mariage pèrances ; celles qui en ont peu ou dant et va partout où l'on se nion- 

esl une institution qui tend à dispa- qui n'en ont point ; celles enfin qui tre, où Ton a chance d'être reniar- 

raître" on peut, sans aller si loin, doivent dès l'enfance apprendre à que. Elle a vingt-cinq ans, les jeu- 

aifirmer que les exigences crois- gagner leur pain, nés amies commencent à faire des 

santés de la vie, ta vulgarisa- Pour les premières, un renom in- allusions malignes à certaine coiffu- 

tion.du luxe, la dépréciation des leressê se formera sans peine autour re dont on ne se pare qu'à regret ; 

capitaux, ont rendu les unions dilfi- de leur personne, et si elles peuvent ( I ) notre héroïne partage ses heures 

elles et qu'il est de plus en plus ma- concevoir la crainte d'être deman- entre le soin de sa toilette, les rela- 

laisê d'établir les jeunes filles. dées pour leur argent, elles sont as- tions mondaines, les travaux nia- 

Pomtpioï les jeunes filles, puisque surées du moins d'avoir des épou- uuels inutiles et compliqués. Elle 
k- mariage d'un jeune homme impli- senrs. devient un peu agressive, cherche à 
que la réciproque?,.. La chose pa- Les jeunes ouvrières, de leur côté, se rajeunir et critique impitoyable- 
rait bicarré, elle existe cependant, et trouveront sans peine à s'établir, ment les rivales plus heureuses qui 
on l'a constaté avant nous. Il n'y a L'homme qui passe la journée au ont atteint le but rêvé. Et les an- 
pas si longtemps que Bolrel nous a chantier, à l'atelier, a besoin d'une nées courent, la pauvre fille voit peu 
chanté ce refrain, -empreint d'une ménagère et son premier soin est de à peu s'envoler ses illusions. Se ma- 
pMkïsoplïie malicieuse; chercher autour de lui. Ces unions riera-f-elle?... Peut-être... Elle épou- 

-, . ,._ sont hasardeuses:' on se prend parce serait n'importe qui plutôt que de 

marie ton fils quand tu voudras, , , - , ,, , , , j _ i ■*. ., • • , • 

,„ .... , 4 qu on a du goût l'un pour l'autre ; rester dans une situation qui lui Dé- 
lit Mie quand tu pourras... , -, ■ , , ,.„ + ni, , v 
1 * souvent, hélas! on 11 en a plus.... se et 1 humilie. 

Les hommes se sont réservé le K estent les jeunes personnes dé- Elle est dévorée d'un ennui pro- 
droit de choisir, ils ont une situa- pourvues de fortune auxquelles la si- fond, ses études trop tôt délaissées 
tion personnelle, ils peuvent s'expa- tuation de leurs parents a créé cer- "c lui. sont d'aucune utilité et son 
trier, autant d'atouts dans leur jeu taises exigences. Filles de fonction- cœur aigri ne cherche point un cléri- 
pour leur faciliter le mariage, au- naires, de propriétaires, filles de vatif aux regrets qui le consument 
tant d'avantages sur les femmes re- bourgeoisie, enfin, elles ont reçu une dans une vraie et solide piété ; elle 
tenues par toutes les racines au sol éducation assez complète ; elles sa- sera, désormais une vieille fille itttt- 
ft&iai, à leur petite ville, à leur cer- vent jouer du piano, dessiner, lire tile et mécontente. Ses parents at- 
e,k* restreint, obligées de sacrifier un peu d'anglais. Elles ont dix-huit tristes se demandent ce qu'elle de- 
leur initiative aux timidités qui les ans, leurs études sont terminées, on viendra après eux et ils ne songent 
entourent, les garde au salon "au jour" de point que leur sollicitude -eût pu de- 

Occupons-nous donc aujourd'hui leur mère, j on les mène dans le mou- venir efficace, si elle s'était manifes- 

ée cette multitude de "jeunes filles de si faire se petit ; désormais elles tée dans un sens plus large et plus 

â marier"". Elles sont au début de comptent dans la société... ce sont intelligent. Car c'est au seuil de la 

3 s-sistenee et leurs yeux clairs inter- les aspirantes au mariage. vingtième année, â ce moment psy- 

rogent l'avenir, croyant y déchiffrer Or, il n'y a point de sort plus la- chologique et délicat, qu'il importe- 

une belle histoire d'amour. Elles mentable que celui d'une jeune fille irait de donner à ces natures encore 

«»t toutes loi au bonheur, il leur ayant pour umqnv objectif ce mari flexibles une direction salutaire, 

semble qu'elles y ont droit. Hélas ! désiré qui ne se présente pas. d'apprendre à une jeune fille à ré- 

11 faudra trop vite en rabattre, les Elle a commencé par ne point don- fier sa vie dès l'abord, "comme si 

rudes leçons de la vie ne se feront 1er de son prestige ; elle est gentille, elle devait, durer toujours" au Heu 

point attendre. d'aucuns la trouvent jolie, et son de la. gaspiller "en attendant qu'elle 

ris telles qu'elles sont, avec leur miroir lui dît qu'elle n'a pas tort, se transforme". 

espoir, leurs illusions, elles sont in- Elle a l'espoir légitime de faire une D'autres diront mieux que nous ce 

finimeiit t<meh&mm et nous von- conquête et son inexpérience m nour- que la religion bien comprise peut 

drions aller à diaetme et lui donner rit d'illusions. Qui sait? elle a peut- — - - 

doucement une Mt*te Us&m. être jeté les ymix "in petto" sur tel ( i ) A partir de 25 ans, on dit en 

Divisons-les 'l'abord m trois eu- ou tel jeune homme qui lui semble France qu'une jeune fille a coiffé 

dirks. il y a celle» qu! oui une sympathique. J f bonnet d« sainte Catherine. 



1M JOTJRNAI, DE FRANÇOISE ^ 

amener de force et de lumière dans factions élevées que vous rencontre- f*a QJAjr» ljfl#fâtf^ 

une âme ; nous nous contenterons rez. ™ 

d'indiquer dans quelle mesure une ï$ n fin, si rien de tout cela ne vous 

femme doit avoir souci de dévelop- touche, tournez-vous du côté de la SffIJS m t|trr , .. GU|ire i iu&r:sixe , 

per sa personnalité, de cultiver les charité. Ayez vos pauvres, travail- mms av ^ rfaîJS w>tre flcnakr ^^ 

dons particuliers qu'elle a reçus, et \ sz pour e ux t intéressez-vous à leurs ^ puWié dlamfeante ^a,^ aa 

cela pour le plus grand bonheur, pcinciï> à i eurs incessantes décep- stl|et de trois amfo «rivais fran . 

pour la plus grande dignité de son tions, les vôtres vous paraîtront ^^ victorien' Sardon , Victor B«- 

etre moral. moins amères. Sans doute, il faut go et Alexandre Dumas, Mai» beau- 

II est bien entendu qu'une jeune de la prudence et là, plus qu'ail- ccmp d'antres maîtres de la plume 

fille doit se préoccuper avant tout leurs, une jeune fille a besoin d'être onl aé Jetâmes Ae ^éprises aussi 

de seconder sa mère dans les soins guidée ; mais l'on, rencontre en tous cocasses, et permettez-moi de vous 

du ménage et de se rendre experte pays de bonnes âmes dont le métier en c it er deux . 

dans, tout ce qui touche à ce domai- est d'être utiles aux autres, enrôlez- 0n demandait mm Jour à mue chaî- 
ne. Elle doit être serviable pour son vous sous leurs ordres et fiez-vous tcusc très applaudie de l'Opéra si 

père.secourable pour tous les siens .11 à leur expérience. sHe connaissait Jdassst, 

lui sera utile d'apprendre à 'subvenir Vous traverserez ainsi ces années —Parfaitement, dit-elle, il est 

à sa toilette par son adresse et son p Cr yj eus€S OB y ceemr e t l'esprit charcutier, rue Figalle l 

industrie, enfin nous ne saurions la sont ggj^ de désirs inconscients, où Faites des chefs-ci fomvm mainte- 

condamner d aimer le monde dans p imagination oisive se forge des chî- naet et un vendeur de saucisses sera 

une juste mesure. Mais toutes ces m ères et assombrit à plaisir la réa- plus populaire que vous. 

obligations remplies, n'aura-t-elle mé Et Gustave Flaabert, le père dm 

point encore des heures oisives, des roman naturaliste., demandez, ans 

lienre* rnîKsirré.^ -ï l'inutile rêverie «* par-dessus tout, m VOUS croyez 

Heures consacrées a 1 inutile re\ crie, * bonrgeois de Rouen ce an ils pen- 

à la dangereuse occupation de soi- P as malheureuse ; quelqu'un a dit ^.^ ^ ^ 

même? C'est alors que nous vou- «*«e parole charmante : »l* tre- ^^^^ 

,lri,«, nmùmir inttnronir et <«r<» à do d UI1C It'llllC fille devrait tOU- r 

(Irions pouvoir intervenir et dire a , J uîle modeste villa pour v passer 

l'avenir: Apprenez avant tout à J«« commencer par ces paroles : ^ fe ^.^ ^ ^^^ ^^ 

ces enfants tourmentées du souci de Mo f ™» f cr( f s b ™ tollJî « ir « lfMe feoutfe carri ère. Ses hattttt- 

donner un intérêt à votre vie, eu »» «tuaUoii dans laquelle vous m a- ^ ^^ ^ promeBatks soli . 

vous créant des occupations absor- ves placée . Uuvrtz m jeux a a. laircs et am . reHCe , tfflite détjOJÎ . 

bantes ; mettez le travail à la place ™*** et vous ^prendrez a jouir de auin k Eom ée 

ri „ rêve tous les petits bonheurs qui vous eu- . ,, 

au rêve. *1 ,.,.,,,„ Si bon bourçc-ois . 11 était connu par 

tourent. C en est un grand déjà de- . . & , 

Si vous êtes douée nmir fc musi- - - . « ^. son originalité pins que par son ta- 

oi vous, eves ooute pour m inusi tre , eunc . vigoureux et de sentir en, . - , - , . - -*, 

aue asoire7 à devenir une hnnne ■ \ , ii lent- Aussi le jour de ses funérailles 

que, aspire/, a devenir une uomu, so1 j es ener ™ ies e t des enthousias- J 

musicienne (Tesnèoe en e^r moins . « < *-»i la population roiieniiaise Jmt-eHe swr- 

uiumuuuh: i,i espèce en est moins mes „ lie | a V|e u ' a pas ei ie re deilo- ; r . , 

commune qu'on ne pense ) , étudiez res- P ns « ûe Vf »* r da1îs « eortt^ i élite 

courageusement, vivez pour votre * de la poiitiqne et de la iitttrj. 

art, il saura bien vous eu récompen- Ne cro ^ e " £ ^ as faire œwvre ltlIltîk> parisienne ; ce qui arracha à l'un 

ser en tirant parti de tontes les ressour- des plus | ûlfe roannais l>xiiaœa- 

Si le dessin a quelque attrait pour ct " ^^ ^ vo^e perfectùuv tkœ t iqiw s1li te: . Mids cm 

vous, appliquez-vous sincèrement à neînent ' bl VOUS deVe " L>U f: "* T braw koffi ™ «^ donp tosB ^ Iraa 

, ! , . , épouse et mère, vous remplirez dan- a p aris | 

reproduire la nature et crovez n'a- * \ , . V,*,. * ^, e „ »tw»" 

voir rien donné à l'art quand vous tant mU '" X **£ ?*" ^ ^^ D? «• ^«^» * »'«» «"f»»« 

aure 2 copié un modèle banal sur un re '" etc *!™* *^f pl " S ^ " ^ qM * ^^^^ à laqn«lk agirent 

,- 1 .„„ f „- l _„ .„ si vous êtes destinées a parcourir j s pi HS grands eenvains ne dépasse 

éventail ou un paravent. Allez au , , . . , -, î(r .»,„„^ „.^-„ * , *, 

vr-ù pénétra vo . d ■- b té. oui stn,les le cheInlM fle ] extstenee,.vous po j nt de imT vivant une eertaïne 

vous' entourent! tontaTde former vo- f ?*?*?" ^^ *"** ^^ wwlw ^^ lk ^^ iwnt J* la 

tre goût par la contemplation rai- a ! ^ Wlte ' postérité, plus MMpit et par 

sonnée des grands maîtres. Mme CHAKUiS PRKONNET. ^«^FH-t plus ^nU.We, remet 

tonte chose a point, tout auteur a 

m la littérature ou l'histoire vous 4 , sa p\ aw et que peur elle Musset. 

intéresse, adonnez-vous à la littéra- „ >st ?as k , charcutier de U rue Pi- 

t«re ou k l'histoire, Fraies à tâche Voulea-vonS vous rensei-ner sur ^ }U ^ YUnW . Tl esl r , hls qtt . im 

d étudier à fond une époque, de lire les modes nouvelles d'automne ; ^^^ v^^»-.^»^ ^ R in ,êm 

avec- suite nos grands auteurs ; vous Aile* à Mille-Fleurs, 1554. ™e Ste- 

sewz étonnes vous-mêmes des salis- Catherine, A H>1SS0N. 



,6S LE JOURNAL DE FRANÇOISE 

<$<«fc^$HfrGM>fr«fr$*>$*$<»<»«^^ dune voix vibrante, tin discours qui 

| RECIT DES FETES DE SA1NT-MAL0 ! ^ " tonuerrc *'****^- 

ai, 83, 33 24 JUILLET £ M. Tiercelin, président du comité, 

^«HH5>^^^^&-^^^ prend la parole, et dans un discours 

très eleve lait l'historique de Jac- 
Krtw» matm» s hennns rt offrir A nc« lerteuTs 'bretoil, si bien connue à Montréal, f l ucs Cartier et celui du comité. 
len&âtdea têtes ù S» Mate, sf&pns un t iikt-h L j n ^ . l'auditoire sous le charme de sa ^' Brémond, de l'Odéon, dit un 
«fcMfcta.émlwM^i»-^^ isc cn entonna , lt un j oli poème de Chapmau. 

"0 Salutaris". Le panégyrique de Fa parole est donnée a l'honorable 
Jacques Cartier fut prononcé par A - Turgeôn qui déclare être lieu- 
Ces iètes ont commence vendredi MoIls i eiïr j e chanoine Janvier, Du- reux de prendre la parole au nom 
soir le 2U par un bal offert par r&nt plus d i nlie henre> ce prédicateur du Canada, car le Canada est de 
Monsieur Bernardin, le directeur cit. haismt a tenu cette assemb i ée im . moitié dans la gloire de Jacques 
Casino de Saint-Mal©. Le bal, très mense SQns u beailt6 de son ^ Cartier ; si Jacques Cartier est 
Met» organisé, a obtenu un grand qmncc vibrante Us pensies qn ^i français, c'est au Canda qu'il a 
sucées et les danseurs 1res nom- ^ l|rer fit développer de la vie dn trouvé la gloire et , l'immortalité. 
brem. ont tourbillonne jusqu'à 4 vaî ii allt capitaine furent admira- E» France, on a été oublieux du 
heures dn matin. On y remarquait Hes; ges douleurS) ses privations, capitaine malouin pendant 400 ans, 
un grand nombre d'officiers de terre ^ anxiélé ^ cdks de ^ hardis mais au Canada, le souvenir de 
et de mer. Le samedi, la lete a con- compagnotls . ]a beailt6 et pimmen- Cartier est toujours resté vivace, 
tinue par le concert de l'Harmonie sité (k ; t ^ 0ns àê&uvertes, la non- tout res P ire Cartier, tout respire la 
municipale et la retraite aux flam- vdk , COHquête pour la rt , llgioll , pour France. 

beaux, puis soirée théâtrale ; la sal- y, FraîlCe . ce tableau i mmense de Fe Canada aujourd'hui grande na- 
le du Casino était comble, quantité vérité et de vk ^ deroula devant tion, sera demain grand peuple ; la 
d'uniionnes, beaucoup de fraîches nmis ftt laisga rauditoirc 5ubjugué reconnaissance officielle de la lan- 
totlettes et représentation très ap- el ravL gae française est restée aussi forte 

plaudie. qu'aux premiers jours. 

Dimanche. 23. La messe solennelle A trms heyres d « l'après-midi, le Ce discours pronollcé dans un 
et ccomnétwa-ative célébrée dans la cortège officiel partit de l'Hôtel de Ia%age élevé et quUm sentait COI1 . 
cathédrale, en l'honneur de Jacques Vllk P<™ r se rendrt sur k ' bastion yaincU] & soulevé un ent housiasme 
Cartier, lut ehuntée par Mgr La- de ] * Hollande, ou devait avoir lieu tç] ^ p j usic „ rs repri ses, M. Tur- 
bouré. cardinal-archevêque de Heu- le dévoilement de la statue. Cinq a geQn & ^ oWigé dc venir sahlcr la 
nés- Dès 9 heures du matin, toutes S1 * mille personnes remplissaient le nombrenSfi asseinbléc . C'était du dé- 
les chaises étaient occupées par une terrain . Sur l'estrade d'honneur, j.^ 

foule compacte. Dans le choeur, les Monsieur le maire de Saint-Malo et MM Sl]rcmif et ^achambre pro- 
sofiimités de Saint-Malo, les pré- f conseil, les membres du comité noBeefit des discours três applaudis. 
lais, les officiers et quelques-uns de d * Jacques Cartier, M. l'amiral M TModore Botrel port ant fière- 
mm compatriotes, parmi lesquels FeVgues, MM. les officiers de la m&nt gojJ costume brcton vient réci- 
nous remarquons notre ministre, llott « et de l'armée ; parmi nos ^ . ¥gR . "j^ e tour de Jacques 
l'honorable A. Turgeon, Monsieur compatriotes: Thon. A. Turgeon, Cartier". Cartier revient dans la 
Hector Fabre. etc. L'église, très dé- 3 °I. S- Fabre, MM. Rolland, La- Bretagrtfi 0! j p ava i t oublié, mais 
corée, offre un joli coup d'œil parle fr **f * burveyer, Paul Morin, Mme maintenant n y demeU re à toujours. 
mélange des habits n«irs, des échar- JF-h. Morin, Mlle Bekourt, Mme et n m deinan<ie qu i an coin désert, 
pes tricolores et des brillants uni- a *'' e St-Jean, Mme Lairauce, etc. 

ïormes. Le grand orgue, tenu par Le spectacle est charmant. ïoilet- "D'où je pourrai, la tête nue, 
Monsieur BLwe... joue une magistra- tes parisiennes, corsages de velours Aspirer la brise venue 
le entrée sur les airs populaires du des Im-tonnes, chapeaux immenses, Du pays que j'ai découvert!" 
C&ttada, la maitritie exécute «ne fort coiffes miBusenles ou à fouillis de 

belle Cantate: "l^e rêve de Jacques dentelle ; généraux, soldats, ami- D'un côté de la statue, sur le >so- 
ier*% poème de Monsieur h, raux et matelots ; l'ensemlde forme cle, du côté de la mer, se lit l'inS» 
'f Irreeliti» Les ciio*Mrs ont m etaantet un spleiidide kaléidoscope. Le voile criptioli: 

avec donerwr "1© murmure des flots enveloppant la statue tombeaux M s « , ,, 

wtmr&nu sur la i;rève p ' et enlever applaudissements frénétiques de " A *Fiet)ues Cartier 

avec chaleur le eho.*tir final; l *Chaffl- la foule, Les musiques réunies esé- Coté opposé : 
té par Ja Bretagne". Madame Bo- «dent la Marseillaisej et Monsieur Ce monument a été érigé 

trel, la cMrmante Umme âm barde Hriee. président de la flte prononce le 23 juillet 1905, 



%M JOURNAL DE FRANÇOISE i% 

Chartes Jouanjan étant maire de la é ~**~++~** ** **+ ip+m.*»mm*+ S la jaune, fille, j'aimerais tant à voir 

ville, # I *B pays. 

Avec le produit des souscriptions * %$X\t$ P0$t<W$ lilUSÎf^S î —Voulez-vous me permettre, îaa- 

recueillies \ 4 demoiselle,, de vous envoyer qael- 

Au Canada par Théodore Botrel y ♦*i^*.»* » «> iMt * ' < M t»: #i »<Mi^ »y > ^ # ques vues ? 

■ et en France, par un Comité —Très volontiers, et, en retour, je 

malouin. T ' € plébiscite intéressant proposé, VC ms jetterai â. la poste quelques 

il y a quelques semaines, , par le souvenirs de Montréal. 
La statue est l'œuvre de l'artiste "Journal de Françoise", sur les" — Je vous remercie infiniment. 
malouin Georges Barreau. cartes postales illustrées, me four- — j e vous suis très reconnaissan- 
te soir, concert franco-canadien ni \ aujourd'hui un sujet de disser- te. 
qui a obtenu un grand succès. La tation, M'ayez crainte, le voyageur s'oa- 
soirée a débuté par des "Airs cana- -^ "*>' a P as a dissimuler le fait : Miera pas sa promesse et la jeune 
diens" exécutés par la musique du la cartc postale est passée dans les personne ne se dérobera pas â la 
47e de ligne, M. Brémond, de 10- moeurs, et par elle, une sensible m o- sienne.. 

dédn a récité deux pièces de vers : dificatïon s'est imposée dans les On commence par des banalités % 
"La Brouette" de Rostand, et le coutumes sociales. puis, la confiance naît, timide d*a- 
"Siene" de Tierceiin. M. Mercier, La correspondance, autrefois, qui bord, elle s'enhardit ; on tente quel- 
de l'Opéra Comique, notre compa- usait de tant de circonspection s'est <P 1IB badlnage, d'innocentes plaisam- 
triote, dans deux romances, a été affranchie de ses entraves.. teries ; la glace est rompue, c'est la. 
acclamé par tout le public. M. et Rappelez-vous, mesdemoiselles, la V OTt,î « iverte aux confidences,, aux 
Mme Botrel, dans leurs chansons rigueur de certaines lois du code du *A*«W** de pensées, aux..,, senti- 
bretonnes, comme d habitude, n'ont savoir-vivre que Ton n'osait en- ments complexes et qnintessevriés. 
fait qu'accroître les acclamations. freinrire sous peine de se voir accu- — Tout cela snr œK carte pos*^*? 
En finissant, Monsieur Botrel a sée des pires effronteries. —Mais oui, et poux justifier ces 

itiinnwiïP iihp drituntiniHr à l'plo- i t t t -,, - audaces, savez- vous comment Qït 

improvise une cnansonnctic a 1 eiu Avec la carte postale illustrée. - , -, ,* 

m- ripe Canarlif.ii.i c„ r l'air Ap "Vïvp î i - „ - * i- procède r On emprunte le concours 

gc aes canadiens sur 1 air ût vive pi us de ces craintes intempestives ; . , , „ , 

1m Cannrlipmip" w mu n n„,. mm ip n *.-*• 1 t 1- ' des grands poètes, on tes tait parler. 

la canadienne ce qui a augmente c ]j e JU stilie toutes les hardiesses» eu- . . ,,,, * 

encore l'enthousiasme général et ce- dosse toutes les incartades. Les jeu- ^"T*?! ^ ?*? ^ ^ 

lui des Canadiens en particulier. nes fiUes la bénissent, les jeunes ™ ^ + Ia ^ *" S If P "f* ""***" 

TjniHi 1p oa inillnf T ■> imiTtipw -1 1 n- 1 ■ , 1 -Musset. csmHv Prnd nomme, irop- 

ivunni, le 24 juillet, i,a journée a g ens amateurs de ihrt hu tressent „ J r 

débuté par le banquet du Comité c | es couronnes, PCe * -. 

•Tar-rmps f'ortiw «^ ,-,- , iV . . , Une fois que Fou. est enragé sur 

Jacques-Cartier, lui ellet, elle est preeieuse pour la . . . 

Plusieurs rli«on,ir« f,,r..,Tt r>™«™ • » * t * ■* ji ■ tt * cette pente, «s ne s .arrête pins- c est. 

i lusieurs discours lui eut prouon- jeunesse; c est le trait-d union, 1 efi- , . , . ... 

ces, celui de Monsieur Turgeon sou- tremetteuse, le truchement qui sert "T* ïtn ^T *«•**"» ~** 

leva des applaudissements frénéti- à rapprocher 'des eom isolés. <l ?:*"*<* ~ * *«"«****" »« 

ciups ,- i v* mêle, on montre que 1 on connaît 

* • Vous ne me crovez pas? lie ou te?. 

Monsieur le maire de Saint-Malo plutôt "^ aflteirs ' 

renierai n 1p Cm-irU *»t i-> *hii„ An Mais les poètes sont quelquefois 

luuercia ic Canada et la ville ue T -,, :,.,,„., u -,,,«,„ „f ««« i M tn« fît}*» f 

Montréal d'avoir envoyé une déléga- . r f ^LTIns ^^ dangereux à mauî.r. ils vo« f CT t 

lion à Saint-Malo e\ termina en ^"" >""** ^ ™ Z "mps'vt *" ^ ^^ ^ ^ ^'^ à 

levant son verre à la santé du chef " V i' i , pciî ' c ; VOBS ^«'^«^-™^ ««**" 

del'Ftat de M i vX Z ^ T.Ù 1 ulutueUe «ympatMe les pousse 1 un ^ uiademoiselk et cbère abonnée, 

" Ui ' l * l i ne M. le rresident de la „„_„ i>..,.* r „ ti s a „ M i,.«t lv>anon«n 

République, à la marine française, V h • ' Hr 5s s n ! n ? ^ correspondant vous repon- 

à nos frères Canadiens aux hôtes de / "', S Ûait P&r w ^ atfaili: 

, . va.uum.ii*, aux nous tu . )U| m Je j 0îsn% m y s IttoV ens, be 

Dans 1- ' -\ A^^ï r • ' reverront-t-ils ? et en admettant Jkîtm towe^t TOiwnwuue &fflTe«e, 

apies-midi, le Comité se q U <jj s sc retrouvent dans une mai- Trist«s sewts un ci«) pS»\M>ns : 

rendit aux Portes Cartier, où la So- son umk . i p ( , cca sion qu'Os chercïu-nt 1* «*U *jot»i«we^ faîte 

cietc Historique offrait un marbre, d(J converser Ub ,vment se présente- B* te «s«a a» *« b«« >«^- 

plaque eoiniueinorative eu hommage ra . t . e i le ? K tVirfcR 

à la mémoire de Jacques Cartier, . , ,« , 

Les Malouin» et tous ceux des Ca- Muis "" ^ nu ^ ant »*«»*««« « Non, n'est-ce pas? Pcencx garde, 

nadiens qui ont pu assister à ces fe- P rfist ' nte etc,est ki * m ll " ^«t* 111 ^ cependant, votre ami nomade vk 

tes en garderont' certainement un smnvur vlUrv oM s,cèm *' s'enhardir et vous glissera peut-être 

■agréable et inoubliable souvenir. ~"" Jt " vais w y a f er P«^«<»t <pwl- un tendre aven ent» denx vers con- 
ques semaines, dit le jeune homme, uns.,., 

'RUGI5NIE BEIfCQURÏ, —Que vous êtes heureux! répond l,e mal n'est pas grand, mm tx-y- 



t70 M JOURNAL DE FRANÇOISE 

tes! mais vous voye* que la faute fi tMm US ClWtt EC P«I«i$ dC la lîOUVWlHé 

m est à la carte postale ; sans et- 

Jel... Nous accusons réception avec em- Montréal peut se féliciter de pos- 

Êh bien, savez-vous ? Il vaut prcssemcnt du dernier volume de séder une de ces rares maisons où 
mieux qu'il m soit ainsi ; si ce ma- Mme Adam (Juliette Lambcr), in- l'on offre des articles de première 
deste carton pouvait faire augmen- titulé : " t Mes sentiments et mes classe confectionnés avec un soin et 
ter le nombre des mariages, car, en- idées avant 1870". Nous en ferons un goût sûr et qui ne peut manquer 
fia, tout le monde se plaint de la m analyse après les vacances. de donner aux acheteurs la plus 

difficulté de caser ses filles, nous f $$> grande satisfaction. 

voilà donc en boa chemin, il n'y a 1<e "Journal de Françoise" s'esta- Nous signalons donc le Palais de 
plus qu'à continuer. me très heureux de commencer la la Nouveauté à nos lectrices et 

V côté des bienfaits imputés à ce publication d'un travail très impor- abonnées, sachant qu'il suffit de 
«are de correspondance, est-ce qu'il tant, inédit, fait par un éminent leur indiquer un magasin de ce gen- 
n'v a pas ses méfaits? On se plaint historien canadien, M. Ernest My- re pour qu'elles y portent leur chen- 
quavee les cartes postales, les jeu- raud. C'est une étude historique, tèle. Et elles feront bien, .car on au- 
nes gens ne se donnent plus la peine "Frontenac intime", d'après les mé- ra pour elles à cette maison toute 
d'écrire* deux lignes sur un morceau moires de Mademoiselle de Mont- l'attention possible. 
de carton enjolivé d'une vignette, pensier, comprenant le récit de qua- Donc, pour la confection des cos- 
c'est bien plus commode, plus rapi- tre années ( 1652-1657 ) de vie inti- tûmes, des manteaux et autres ac- 
de que les quatre pages qu'on est me vécue par Frontenac, sa femme, cessoires de ce genre, on peut difh- 
tean de remplir. Le laconisme est La Divine, la comtesse de Fiesque cilemcnt égaler, mais à coup sur, 
l'ennemi du style épistolaire ; en et la Grande Mademoiselle. Nous jamais surpasser le Palais de la 
«/habituant à griffonner à la manié- assurons d'avance, l'auteur de Pin- Nouveauté. Tout y est de première 



re 
re 



ca- 
e- 



6 télégraphique on perd la tourna- térêt avec lequel ce travail sera lu classe, et le fini, l' élégance, le c: 
e littéraire. de nos abonnés, et nous le,prions de chet personnel enfin, n'y sont null 
C'est vrai mais est-il besoin de croire à la gratitude que nous lui ment négligés. On pourra s'en con- 
tant de forme pour exprimer des avons pour nous avoir fait Thon- vaincre dans une visite détaillée a 
sentiments naturels et sincères? neur de nous confier la publication cet établissement, ou l'on sera reçu 
Je crois que l'époque des Sévigné de cet intéressant manuscrit. avec toute l'urbanité, la coinplai- 
,. , " -pVAVrnTSK sance que l'on puisse souhaiter. 
a tin pour toujours ; autres temps, *KA.N(,UJbi,. T , . ,„.,.„ ,,„ ,„.,„,. ^ mnft cc 



autres mœurs. 



L'on pourra, en même temps cons- 
1*« frttltt^t H U "ïtidiVt" tater que si tout y est de première 

très vite, en tout ; on n'a plus la pa- à la -^ de toutcs lfg bourses . 

tience de s'attarder aux fioritures, On a particulièrement remarque, AMOUREUX 

K««, non, la missive interminable au cours de l'hiver dernier, qu'un PALAIS DE LA NOUVEAUTE 

avec ses incidentes et ses fleurs de très grand nombre de dames cana- _ Sainte-Catherine 

rhétorique a vécu ; elle n'est pins de diennes ont participé à certains Montréal. 

l'époque ; et. cependant voyez com- sports dont les hommes semblaient 

me tout n'est que contradiction, il avoir eu, jusqu'ici, le monopole. Les p ,.„,,« f \ M T Rfthprt 

n'y a jamais eu dans le monde un dames ont montré une remarquable vOUI o Uc lu. i-i* 

tel IjHfsoin d'écrire. habileté au "curling" et au "hoc- , ,~7r7 T , XT „, . m ,,r. 

, ,, • - 1 „ COURS ELEMENTAIRES 

D'écrire à la course, il est vrai, key jouant ces jeux comme des wu v , 

, %• m a 1 l'our «arçons et TiileH d(> cinri u dix ans. 

mais cette correspondance laconique «portmen accomplis. Rien de plus COURS vSUl'KRIEURS 

fera le livre d'or de bien des cœurs, naturel que leurs idées émancipatri- v * J ' !,.„,;/„ .,„ «t 

-, -"j . t , • , , De dix anaet au-dessu- 1 . Préparation au sus 

Je suis donc, vous l'avez constate ces lcs amènent a limier la cigarei- ^iploineu étémentaireB * t modèle* 

depuis ma première phrase, très en te. Parmi les dames, la cigarette la Demandez le prospectus. 

laveur de la carte postale illustrée, pins en faveur est la "Diva", faite CHn-a'tan) <Um oiwr» }f. 6 peptembra prochain 

Et pour terminer, tout en me ré- de pur tabac égyptien, qui est ma- 1517B ROI 1 * ONTARIO. 

«amant, je ne trouve rien de mieux ««facturée spécialement pour elles. — — — 

à dire que le mot de Jean-Pierre &$» "Divas" sont vendues en pa- IjA (i0 MMK !)!i 1> ADAM (iUKRITbK MAI- 

dans le Coin de Fanchette: quets de dix avec bouts en liège, DK DENTS. tOePAETOOT 

: "Pne carte postale est on baisser __ $,,,_ . \f\Q f\ OllPTlTlPVi 

envoyé du bout des doigts.,." Joli, PrÉparatifs imporUn t R à Mille- «' U ^« V ' W UUIIIL V l 

n'est-ce pas? FteirSt polir mimn d . a1ltomnc qtt j « f" ^MAflt^ 

MAMY. apprwh( , lm> vm Bainte-Catheri- ^^&%Xm£m%m^ 

~— — — -#— * fte, 3 «HCBHIWlM 6 HLHJ-. ou** 



145 JOURNAL, DE FRANÇOISE 



VfL 



CONSEILS UTILES 



LE LAll\ — Le lait se gardera 
frais plus longtemps s'il est tenu 
dans un vaisseau évasé, tel qu'un 
bol, plutôt que dans un vaisseau 
profond. 



MANIERE DE NETTOYER LA 
SERGE BLANCHE OU LE CA- 
CHEMIRE. — Si la robe est très 
souillée, il serait préférable de l'en- 
voyer à un dégraisseur, mais si elle 
n'est que légèrement souillée, on 
peut la nettoyer en procédant com- 
me suit: Mettez une certaine quan- 
tité de farine dans le four et laissez- 
la chatiffer. Lorsqu'elle est bien 
chaude frottez-en toute la robe. En- 
suite secouez et brossez, la robe pour 
faire partir toute la farine. S'il res- 
te des taches, recommencez l'opéra- 
tion. 



RECETTES FACILES 



ETURGEOM EN RAGOUT 

On l'éehaude, on enlève la peau, on 
le coupe par morceaux, les roulant 
dans la farine avec poivre, sel et 
clou ; on les fait rôtir dans le beur- 
re, couleur d'or, puis on ajoute de 
l'eau au moins un pouce au-dessus 
du poisson, avec thym, persil et oi- 
gnon. Prêtez-y attention pour reti- 
rer les morceaux en bon ordre. 



COMMENT NETTOYER LES 
BAS NOIRS. — Les bas de fil noir 
ont souvent le défaut de rougir au 
blanchissage, parce que l'on emploie 
pour les nettoyer de l'eau chaude et 
du savon. Il ne faut jamais se servir 
de savon pour laver un. bas noir et 
l'eau doit toujours être tiède. Une 
petite quantité de son enfermée dans 
un sac est agitée dans l'eau tiède ; 
lorsque la mousse est suffisamment 
formée, on plonge les bas dans la 
préparation et on les lave fortement 
puis on extrait l'eau du tissu en 
roulant les bas dans un linge sec et 
on fait sécher de suite, non au grand 
air, mais dans un endroit sec. Pour 
rendre leur couleur noire à des bas 
de fil nettoyés, il suffit de les lais- 
ser bouillir quelques instants clans 
une décoction de bois de campêche. 



BISCUITS A LA FARINE D'A- 
VOINE 

Prenez une pinte de lait, sûr ou 
caillé, une cuillerée à thé de sel, de 
la farine d'avoine bien sassée avec 
laquelle vous faites une pâte un peu 
épaisse, une cuillerée à thé de soda 
que vous dissoudrez avec cuillerée de 
lait ; beurrez une lèchefrite, et faites 
cuire pendant une heure, après quoi 
vous couperez cette galette par 
morceaux. L'on peut y ajouter, si 
Ton veut, un peu de mêlasse, une 
cuillerée de crème et quelques épiées. 
Ces biscuits ne se font que pour le 
souper. 



■ CARAMELS MOUS 

Un quart beurre, un quart miel, 
un quart sucre ; mêler le tout en- 
semble, cuire en tournant dans une 
casserole, huit à dix minutes, à par- 
tir du moment de l'ébullition. Ver- 
ser dans le moule à caramels et dé- 
mouler à froid, 

4___ 

Sommaire de "la Têmme m\m 

iwaiite" 



se, par E- Vacaadard, J, Chcma, ■ — 

IX, Autour dm Vémimsmte. — X, 
Revu* des livres, — XI, JLevwe des 
périodiques. — XII- Carnet de la 

Revue. 

Le Spécifique du Dr MACKAY 
ooôiim 

L'ALCOOLISME 

Employé aree es sttecës isfaUtïMe par le 
goaverseme&t de la Fr«wi»£e de gatetac 
pww la réforme des ajcooftqsea. 

Les autorités tasmicipsles de StomtnéaJ 
oat le&xam les mérites de cette déoosww- 
tc merveilleuse. Dexmatmestt, la Csaaimim- 
aéos des Finances a voté on crédit de Jgoo 
poar faire faire sm défiât de la mèéœme dm 
Dr Mackay d-aas toas les postes de pO'ikss, 
aria d'erapësier, par ane prompte applii»- 
ttoai da.Es les cas argents, les âéœs qui se 

prodaiseurt. » îiéqm«aiHE,eiai dams les celîaa- 
les. 

Pas hesam dPîaterîMmeitt asa SaJaa.toci.iMja,: 
le traiieïnest peaat se éosmar k la coasson. 
Pas besoin no-a plias de diète spéciale. ïcstt 
ce qu'il iasit, c'est la wixm.tê êm malade ée 
se guérir et de s'abstenir et sapàrît'wsrac. 

Cette médecine est maiateffiaaiî à 1a por- 
tée de taras, le pris ce ayant et* réduit. 
I.«* «Mets étcamauts qu'elle a pnodtaita BÉÉ 
tea ivrognes les pîass invétérés cités es» 
comr correctkaiiKlIe à Oméfeec et à Mwatt- 
réaî pwmwegt qae i*alc©oKsn3« est. mae ma- 
ladie gTaérixsaMe. 

Avec (^approbation dtt puMâ.c et des gran- 
vexBeatents, et les résultats caœEStaotfo, taint- 
tc expêriBae»t*tic« aouveUe serait «par- 
tisse. 

Correspcadasce strictement cnssfidesstieïle.. 

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veux rè{§jyey,t #©s 3^3 particulier». 



i, L'éducation pratique, Saint-El- 
ine. — 11. Cœur faible jamais ne 
conquit belle dame, 1). B, Mae- 
StttarHe, — III. Causerie de salon, 
Jeanne PauhPerrier, — IV. Chemin 
secret, -Lionel de Movet. — V, Extra 
muros, Comtesse de Custine, — VI. 
De la beauté, Pauline Beaufort. — 
VU. Poésies, Fanny Darfeuil, Gas- 
ton Stmrhaeh, Lya Berger. — VIII. 
Bulletin bltoUagr&ï»Mq«£; I. I* Utoe 
salaire tU> lu femme mariée, par A. 
Panu», Lena von SeeTeld, II. Etu- 
des fie critique et d'histoire religk-u- 



JEAN DESHAYES» Graphologue 
13 rti« Mfltrt-flams, ioch«J»|a 

Une balayeuse u BisseIls*' 




Bal»» e* wet- 
»tt» lies laps 
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tant, Fss <*«• 

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tJ2 



LE JOURNAL DE FRANÇOISE 



! * PAGE DES ENFANT 



ï.-:^--;^y^-^^--^^^^ 



•* ees de Tante Ninette, il y a long- la bouche perdait son joli sourire, les 



CJIU$€RI€ 



: 

I 



Felixstûwe, 

Suffoik, 
Septembre 11*05, 
Mes cfrers petits amis, 

Le temps passe et il faut pourtant 
que je votia écrive m ce n'est pour *,„, 



temps déjà -que vous m'auriez vu bras leur geste arrondi, et quelques 
arriver dans votre milieux, toute jours de fête m'apportait une poupée 
heureuse de faire votre eonnaissan- nouvelle ; mais l'autre, avec sa tête 
ce î recollée, ses bras recousus d'un peu 

Mais trêve à ces rêveries, car n'ou- de fil, restait ,1a favorite ; il y avait 
hîions pas que : '"Rêver c'est le une sorte d'attendrissement dans 
bonheur, et attendre c'est la vie." cette préférence, comme si toutes ses 



CHRISTINE DE LINDEN. 



Ees Poupées 



I 
a 



meurtrissures me rappelaient de bon- 
nes journées de jeu et mes désespoirs 
faciles à chaque nouvell accident. 
D'ailleurs, je n'avais pas encore de 
coquetterie, seulement la tendresse 
. inexpérimentée, un sentiment de l'a- 
I bri, et mon plus grand bonheur 
4 était de coucher mon poupon dans 
sa bercette d'osier au risque de chif- 
Je me souviens encore de ma pre- former les bonnets de dentelle avec 
nière poupée, une superbe poupée t0 us leurs rubans. 

Un soir, je fus tentée par de peti- 
avait pourtant des cheveux bouclés, tes figures éveillées, rangées aux vi- 
des yeux brillants, une jupe de soie très d'un passage ; il fallut entrer, 
qui laissait découverts deux petits et choisir, à la lumière du gaz qu'on 
în pieds chaussés de bas à jour et de allumait, une de ces mignonnes pou- 

E2L JTC n '"' SL SOUlierS à b ° Uffett ^- Apn " raV ° ir P fes <l- triaient fragfement dans 

";":". ILÏTJl ?^Y S Wen admi ^ »**»* mise au îond 1- liants de la porcelaine. Celle 

<l«.i. te, m «™ Une armoire > dans ie d «sor dl -e des que j e pris avait des cheveux fins que 

î . ™ -Y*,™* *,«. i ?.. i joujoux, les deux bras eten- l'on frisait en les mouillant, des ro- 

Jrr^rtr jr; ™l : iztrjrg t irnr^ bes '""*• dr ° ite rf comme,ra 

de l' Orwell, sur la vieille ville de 
Harwiek, bâtit- sur une presqu'île 



|B voua écrive m ce n est 

vous prouver que je ne rous oublie 
point. Je passe ma villégiature dans 

un pays sinon pittoresque, du moins 
varié et 'Original. Â une petite dis- 
tance de Felixstowe \ plage ultra- 
moderne soit dit en passant ) se 
trouve Harwïek, dont le port célèbre tr , fjp ^^ qui "~ ££& ^ ^ 
a bri te une foule de vaisseaux, de- 
puis la .frêle barque de pêcheurs., jus- 
qu'au formidable navire de guerre, — 
""I e ranci ads" comme on les a si bien 



vers i'oeéan à travers l'embouchure \ n , 

ia regardais, puis je la remettais vi- réfléchissant, je trouve qu'elle était 

sa cachette sans pouvoir bien simple et bien raisonnable ; ni 



formée par les 
mer. 



m habituer a lui parler, m a jouer cachemire, ni bijoux, ni «binocle d'é- 

^ avec elle. Apres, j'en eus beaucoup caI li e ; pas d'armoire à glace micros- 

!» -i d "?- ltres ' (im Poupes mal peintes copique, de traîne, ni de pouff ; mais 

En ,«,. eeaT un coup d «il qui perdaient leurs joues roses à la die avait l'air d'une petite fille, p^s 

rtant et mou^wnte. En longeant mo indre goutte d'eau. Quels dé- petite que moi, et m'inspirait des 

la cote qui est hésctësee de petites ci- mggBmr&' la nminw> l»vé» Miaini* • j i i> h h ■> • 

... . e»l-* •■»"*• ia poupée ia\ee, déteinte, soins maternels. Pour celle-là, j ai 

tam&h "•.-mutes a l'époque de et mes dotete mii<«w Ho »<» f,~>îr.iif JU * ^ <n » 

... * ■ - i itt î- t , uwjfeis rouges ae ses fraîches commence a travailler, à ramasser 

I invasion projetée de Napoléon 1er, couleurs On me ermtuilnit «W a . i i • î u i i 

. - , „ ■ <-j«ib-»«.b. vu me consota» alors: des brins de tulle, des coupures de 

nous arrivons au manoir de Bawd- "Fji séchant cela Wî»n<1t»a " »+ ,r, v , i ». i i» i i 

» , .- ... , , , ww.ua.ui, w,m revumara, et <nx ruban» dans lembrasure des croi- 

*w. Situe OOUî ainsi aire SUT Ja ei'e- foi» dans la ianrm&e avuo un r-,.a«,i ' ii i 

. , , . " n i<x,1}i '**■ journée, avec un pand nées, autour de ce petit coin des tra- 

ve a 1 endroit ou le ftfen roule ses reraord* i'allai» v<iî.- !•■ r^tUa xiknt', . -n i i » 

», . , , t , T-. -«»««.., j aiidifc voit la petite vieti- vaiihHises ou le iour tombe d a- 

tlofcg oatis J oœan allemand *ber- m*>, aonuvée sM««f>ii«K»mAn4 ?• un» .,i ™i j ' i a j 

,. k ,. „ , » , , , , ' '" • - ««gin uhement a une plomb, comme dans une alcôve dra- 

œ.an Ue**an . Pour atteindre le eha i-hmm, fixant dantt l« vîrl» snn ™ «/„ î j ■ i •• • j 

vioe fcon re- pée de grande rideaux ; j essayais de 




rette* ^*-t «ur I étroite pâme- co-ur gros pour bm.temp,, Rnnuite, w à )(l . p J us trouver ,,„•„„ pet H car- 

relie du l^rry boat . Ah! « il ny a traîner -ur leg tapi«, à tomber nur ele pour réouvrir un el.apeau rond, 

avait que U- gué a traverser pour W tabouret, lu poupée achevait de puis il fallait coudre. Peu à peu. 

alW êtes von., chers oeveUï et ttiè- «'abîmer; les yeux bleu, m fendaient, j'appris à «ter tranquille, je sentis 



IM JOTiKNAT, DE FRANÇOISE 



r 73 



yb#*ç*t&*$*l^^ 



w 



PAGE DES 



FANTS * 

i 

le charme des jours de pluie sans néfaste. Il n'est pas difficile de trou- terre portent le nom de MayHower. 
promenade, et du travail patient qui ver V origine de cette superstition, Qui ne connaît la ravissante chan- 
fait l'heure courte en enfermant la Elle est dans la date de la mort du son du poète Tenny&oa. '%a Reine 
minute qui passe dans la piqûre des Christ. Bit c'est aussi parce que les de Mai**, qui finît toujours par ce 
points. Les mains si petites faisaient convives de la dernière Cène furent refrain: 
l'ourlet trop gros, mon fil se nouait, treize que l'on redoute d'être treize 

cassait, je devenais toute rouge, je à table. iv l will be Queen «1 the Mav,mertJier 

perdais mon dé, mes ciseaux, le pelo- D'ailleurs, que les superstitieux ne Queen of the May." 

ton roulait à terre, emmêlé comme rougissent point trop. L'empereur 

par un jeune chat. Alors, il fallait Napoléon lui-même redoutait le ehif- Il est à regretter que les vieilles 
ouvrir la table à ouvrage, et tout fre 13. Il avait oublié Vendémiaire, coutumes disparaissent, car elles 
doucement pénétrer dans cette quan- Un jour à la Malmaison, — c'était conservent intactes, la fraîcheur et 
tité de coffrets, de petites boîtes plei- sous le Consulat, — Bonaparte se la poésie de la nation, deux ejraaiifcés 
nés d'objets menus, précieux par cela promenait avec Monge dans le jar- qui sont pour ainsi dire îa sève flo- 
même, que l'on manie en devenant clin, lorsqu'on vint le prévenir que tissante d'un peuple. 
adroite, où l'on apprend à trier un le dîner était servi. Le mathémati- 
cent d'épingles sans se piquer, et à cien prit congé du premier consul et 
démêler toute seule un éeheveau au roulait déjà en voiture vers Paris, 
dos d'une chaise. lorsque Rueil, un guide, aecoura au 

Les bobines à tourner, les aiguilles grand galop, le pria de rebrousser 
à enfiler, cet affinement du regard et chemin. Intrigué, l'illustre savant 
doigts me vint pour ma poupée, retourna au château. On l'introdui- 



Le petit Jean récite sa leçon, 
— L'eau, la terre, l'air... 
— Et puis? 
— Je ne sais plus. 



— Voyons, vous savez Heu, celui 
Aussi, je la vois tout à l'entrée de sit dans la salle à manger. Joséphi- qui cause tant d'accidents? 



ma vie de femme, comme dans le ne lui offrit. une place à côté d'elle, 
cadre étroit d'une allée qui s'éloigne, cependant que Bonaparte, un peu gê~ 
juste assez grande pour emplir de sa né, s'excusa d'une invitation faite 
silhouette d'enfant heureuse tout aussi brusquement. 



-Ah! oui, les chemins de ferî 



mon horizon d'alors. 

Mme ALPHONSE DAUDET. 



Uariefe 

LES PLUS ANCIENS FABRI- 
CANTS DE PAPIER 

Les guêpes sont les plus anciens 
fabricants de papier! En effet, elles 
fabriquent leurs nids avec des 



— Voyons, mignonne, ne pleure 
—Vous étiez treize à table, fit pas ; sois raisonnable: ton mal de 
Monge en souriant. Vous croyez de33ls P«ss«itâ, 
donc à ces choses-là, citoyen gêné- — Kt «"noient veux-tu qu'il pas- 

ra l? se?.,, est-ce que je puis ©ter mes 

Le Premier Consul évita de répon- deats comî »e toi, moi? 
dre et parla d'autre chose. .j-f. 

•H* On fait iemarquer à Tcrto qu'il 

.LE 'MA y -POLE'' doit s'estimer bien heureux d'avoir 

Dans les campagnes anglaises on des parents qui le chérissent, qui lui 

érige à l'entrée du village "on the prodiguent leurs soins, qui ne î.e lais- 



par- villaçe green" un grand mât, toute sent manquer de rien. 
br Si î* b ° iS ' d ' écorccs d ' ar - enguirlandé de fleurs et de rubans, L'enfant, avec élan : 

ta 11 Chent ' ilU m °- yen dC et autour d " qnd tmil ° îa J*« m,sse ~ 0h oui ! le * P a Pa s rt *« «* 

on „** :' Jî et f l u ' elles réduisent. ( j anst , j\ \ iX ronde, an refrain de la nrans, c'est une belle invention! 

« pâte Lest avec cette pâte qu'el- vidlle chans011 . 
■> construisent les cloisons intèri- 



v T)auee round the mav-pole". 



J n,m de k '«r habitation. L'ensemble 

"gUfe assez exactement un grossier 

epf»*t de papù. r d'emballage, Ensuite, fc p | us belle parmi les 

**^ filles du village est élue reine de 

m VENDREDI 13 Mai (Oueen of the &»$}, Ou l'as- 

■U3 vendredi qui fut en honneur sied sur un troue, à l'ombre du 

c«ex les Romains connue étant c-on- " May-Pole' s , puis on la couronne 

sacré à Vernis, est devenu un jour d'égïantines blanches, qai M Angle- 



Les Tailleurs parisiens paurdant s 

laSl RUE STCCATHCSiMS 



Tsùltetws «rtia.1 iJS» iveutte «te K^rtes» 

Pu ï*?a« vhvix «te ©a* &«#«,_ lit,.» m M 

s,,ih\ M*pt«tka.« |H»arla uhm:, r-i*-, i 

Ttmjoarg e* s»'»»», im w-xuAèstf w»s** 

v<*t ws d*w? tes œi^iasdàs*» 

ûnportèwî. Il- SitAWKi'!, prep. 



ï*4 -CK JOURNAL DE FRANÇOISE 



FEUILLETON 



Le Mal du Pays 



le. Nulle correction de lignes, mais Pourtant,, il parlait simplement, 
mue frimousse exquise de Parisienne sans périodes ronflantes, sans phra- 
inteîligeiite et... neuve. Joignez à ses à effet. Mais quand, après avoir 
cela une dot respectable. Vous pour- exposé ce qu'était l'œuvre en faveur 
rea complimenter de Mire, très cher; de laquelle il venait demander sym- 
on les dit fiancés ou près de l'être." pathie et protection, il retraça la 
l»au- ». JUGUÊPIfisE, — Satané gamin! murmura entre vie de l'étudiant pauvre à Paris, on 

v ses dents le docteur Roscob. "sentait", sous l'Apôtre, l'homme 

Le visage de Suzan s'était couvert qui a "vécu" cette vie, souffert ces 

PREMIERE PARTIE d'une rougeur ardente, sur sa joie souffrances, désiré, pour ses frères, 

VIII tombait comme une douche glacée, ce que, trop timide ou trop fier, il 

(Suite) Elle vivait en plein rêve, et son n'eût pas voulu pour lui. 

"Je demande aussi une prière." nom lancé au milieu de cette cohue, Et l'on se passionnait pour ce ro- 

"Et j'ai promis la "prière", puis- la rejetait dans la réalité avec un man sans intrigue conté d'une façon 

que mon trèfle ne lui paraissait pas froissement douloureux. très personnelle, pour cette étude 

sui lisant. Maintenant, l'attente lui parais- psychologique très fouillée, pour ces 

'"Le vicomte l'aurait baisé, le trè- sait longue ; elle eut voulu arrêter ardents, ces jeunes, jetés sans le sou 

Ile ; j'allais écrire "mangé"... les bruissements d'éventails, les ri- et sans guide au milieu des séduc- 

*"Ne te fâche pas. Je suis énervée, res étouffés, surtout les papotages tions de Paris. Un courant s'éta- 

perplexe, folle. Cet avenir à "deux" de tons ces gens qui, inconnus d'el- blissait entre l'orateur et l'auditoi- 

est effrayant, le, la connaissaient assez pour s' oc- re: croyants, sceptiques, oisifs, mon- 

euper de son visage, de sa dot, de dains vibraient à l'unisson de la 
X son problématique mariage. charité. 

Très bas, elle demanda; Personne, peut-être, clans la foule 

Une très brillante assemblée rem- —Ne commencer a- t-on pas bientôt, compacte qui remplissait la salle, 
plissait l'immense salle du Trocadé- marraine? n'était conquis par la parole arden- 

ro, assemblée panachée de femmes Elle n'avait pas achevé sa phrase te, généreuse, originale de Jacques 
dm monde savamment élégantes, de que le silence s'était fait, si com- Orvanne comme Suzan le Helguer. 
personnalités littéraires et artisti- piet, si profond, que, sous un souffle Le front haut, les lèvres frémissan- 
qoes, de désœuvrés, heureux de trou- d'air chaud, on entendait palpiter tes, -les yeux pleins d'éclairs, elle 
ver un passe-temps de quelques heu- les feuillages qui garnissaient l'es- écoutait, toute palpitante d'éruo- 
res, ertiin, de membres influents du trade. tion, d'enthousiasme, de tristesse 

clergé, d'étudiants, de professeurs, Au milieu de cette estrade, Jac- aussi. Jacques racontait sa vie, «be 
attirés par le conférencier connu de ques Orvanne se tenait debout, si le savait. Ce "froid" avait pleuré ; 
la plupart d'entre eux, et par l'eau- pâle, si "gauche", scmbla-t-il à Su- ce "timide" était resté seul ; ce 
vre sympathique a tous. zan, qu'une immense détresse mêlée "fier" avait eu faim. Au milieu de 

Placée aux premiers rangs, entre de pitié l'envahît toute, et qu'elle ces souffrances, il avait travaillé 
la baronne Heurte! et le docteur baissa les yeux pour ne pas voir..., avec une volonté de fer, il .avait 
Koseob» Suzan Le Helguer sentait l'échec de celui qu'elle appelait son dressé, entre sa vie et les plaisirs de 
la griserie de la foule lui monter au "ami", la capitale, une infranchissable bar- 

cerveau» La rumeur joyeuse des cou- Mais vite, bien vite, relevant la rière: barrière d'honneur et de foi ; 
versations, k palpitement des éven- tête, elle écouta, et, tout en étant un "forf'j il était 

tails, le parfum léger des essences La voix du docteur, basse d'à- resté le très doux, le très aimant, le 
et des fleurs l'enivraient comme le bord, sous le coup de l'émotion pre- très dévoué. Celui. qui tenait sous le 
soleil enivre le papillon nouvelle' mière, s'était élevée graduellement; charme cette foule élégante était le 
ment sorti de sa chrysalide ; et les maintenant, harmonieuse et chaude, Docteur, si bon, qui, penché sur 
lèvres souriantes., le» yeux brillants, elle résonnait dans la salle avec des Pierre Zubert, lui donnait un bai- 
■dle causait, oublieuse de tout sauf vibrations profondes, avec une net- ser, dont le souvenir faisait encore 
de l'heure présent* qui lui semblait teté singulière. Peu à peu aussi, la pâlir la jeune fille. 
bonne» pâleur de son visage disparaissait, La baronne Heurte! avait raison: 

On la regardait beaucoup:: les une flamme, partie de son coeur, de Jacques Orvanne était "quelqu'un", 
femmes, avec une jalousie â peine mm âme, jaillissait dans son regard; et elle, Suzan, était folle de n'avoir 
dissimulée ; les hommes, avec i'im- il devenait un autre être, un être si pas compris plus tôt sa valeur. 
pertinente admiration qui leur est attractif, qu'il tenait, à cette heure, Il se tut,,. Des applaudissements 
eoutaiBÏêre» suspendue .â mu lèvres, une foule qui frénétiques éclatèrent de tous les 

'"Pas banale, Mlle Le 'Helguer, en- eût pamfc dédaigneuse à ses côtés points de la salle, couvrant ses der- 
tendit mtud&m Bmmm twa loin #«14' quelques minute» auparavant, tdètm paroles Su/an n'applaudit 



ÎM JOÏJKNÀT, DE FRANÇOISE' i 75 

pas. Les joues ruisselantes de lar- —Marraine, le voilà! ser des âmes, faire vibrer le sieîl- 

mes, elle baissait la tête, écoutant Avant que 3a baronne Heurte! ait leur de n<mx~m.êttm. Jamais h 
comme en rêve la grosse voix du pu prononcer une syllabe, Suzan te»- l'ai compris comme auioimriim 
docteur Roscob : dit les deux mains au docteur. Bref, je ne vois pins eu lui qu'un. 

—Eh bien, petite Zan, tu reste pé- —Je suis fière de vous» oh! si fie- élégant pantin, dont je rougirais an 
trifiée, ahurie. Tu tremblais pour rei... J'ai joui à en souffrir... bout d'un mois. 

"ce pauvre Monsieur Jacques", sui- —Le trèfle et la prière m'ontpor- "Ait r««r v.»,- - * 

/\ . •.*■+'!,. an. re*oir s May, » te Bioqîie p>as 

vant ton expression, te voila rassu- te bonheur. troo d t ««-^fi, «, , * * 

~. -ni.» -r - - ™ a Petite . C est une folle. 

ree. Dire que ce gaillard-la, avec un La voix de Jacques vibrait d'une oui sauvent ■ m3 k *.*^ 

, . ., 11 • - » ' UMV ™ 1 f mais., e est aussi bu> 

talent pareil, veut allefjVivre avec émotion intense, son regard s'arrê- sage à ses heures 

des paysans! Tête de granit, va! ! tait sur la jeune fille avec une ex- «jPafifc&ae en te" disant - » Dors 

Parle donc, Zette, dis ta surprise, pression qui la troubla jusquau sans craintej le docteur Orvamn* 

Allons, bon, ,tu pleures. Au diable, lond de Famé. p&ft denia%" «?■«■» 

les pensionnaires! On ne pleure pas Elle balbutia : «s 

dans le monde, ma fille. Essuie vite -C'est doux de porter bonheur à JTlU* P ? Sa 1 sa . plinne ' et ' le ****$* 

tes larmes, on croirait... Savoir ce ses amis. „ ***' ïa JOTIe a PJ™v« «"" sa 

que tous ces snobs et toutes ces bé- Et ce fut tout... Mais une minute TZn^T *^\V**™n**t les 

gueules croiraient! î ne «uffit-elle pa, pour l'épanouisse- * ** ™ g * *? ^^nuaient 

Et Suzan pensa qu'à cette heure, ment total de la fleur d'amour ? t^vTrdw ^f 1 *' ™ nune flH 

elle laisserait bien le monde, le cou- • .. . . '^^f^ * papillons blancs. 

cert, tout, pour aller sangloter dans "May chérie, j'arrive à l'instant „,/"l '* l1 " P ° mViLlt être Woq*é! 
la solitude de sa chambre, sanglo- de la conférence, et sans même en- .«""ait rester ici toujours.»/» 

ter sans savoir pourquoi, unique- lever mon manteau, j'ajoute à ma *" Pj^»» «BBte inachevée ;; mais 
ment pour enlever un trop plein lettre un second post-scriptum. Ne ^ Uiampvalher n'aurait pas 
étouffant, un quelque chose de me demande pas de descriptions de dormi safl s crainte", si elle avait 
joyeux et de triste, duo étrange qui toilettes, ne me demande pas ce pn • . J™** dans le cœur dfi 
ne pouvait qu'être "pleuré". qu'à été le concert ; je ne sais qu'a- S ° n aœ * e bnzan - 

Absorbée en apparence par le mor- ne chose le talent du docteur Orvan- • y 

ceau d'ouverture du concert, la ba- ne. Xï 

ron'ne Heurtel devinait le désarroi "Comment ce très gauche, avec 

total de ce cœur et de cette âme une petite folle comme Suzan, peut- _*f vo >' a ^ rar «'a pas été • "bloqué". 
d'enfant naïve, mais elle ne cher- il avoir cette étonnante aisance en ^^ au **»»ss*-tieige, le traim est 

chait pas, comme le docteur Ros- face du tout Paris mondain? Corn- f*!?*,®^ accident ' même SMs "" 
enh \ f,cfi„r a^ t s î i • * -t î tard» a Durtol. 

top, a parier de Jacques ou a lancer ment ce silencieux peut-il parler 

au hasard une phrase banale. Seu- avec tant d'originalité, de facilité , Grâce » sou bâton ferré» à ses so- 
■lement, un sourire courut sur ses le- avec le tout Paris intelligent? Je lides !»**«*» de montagnard, Jac- 
vres, lorsqu'à l'arrivée des quêteurs, l'ignore. Le "vrai" est que M. Or- l * 1 * Ss a P u ffrarâr le raidillon cou- 
une voix suppliante murmura : vanne a tenu rassemblée sous le VCTt de givre conduisant à Ckeimcs» 

—Marraine, prêtez-moi cent charme, moi ,1a première... ll est chm hii depuis un. mois ; 

francs. J'avais pris trop peu, L'œu- "Rien, tu le sais, ne me paraît mais le P ère et la mère arvaaae 
vre est si belle! si nécessaire! beau, grand, comme l'éloquence ; or, s'inquiètent terriblement de leur 

Et le sourire s'accentua quand, à M. Jacques est éloquent. Depuis ***■**% *»** ils 1« trouvent maigre, 
la sortie, au milieu des rires des ap- deux heures, je lui ai dressé un au- P à!e ' »*«***. sans appétit, de plus. 
pels, des conversations, du bruisse- tel dans mon cœur à côté du Père eîl P lws >*"«*. lls questionnent, ils 
ment, soyeux des toilettes parées, Lacordaire, et je brûle tant d'encens Pff»«* Jacques de faire quelques 
Zuzan murmura de nouveau; devant rua et devant l'autre» que Je vlslt « s - Jacques reste muet, la mé~ 

-J'aurais aimé féliciter de suite m'en grise. decine stembfe oubliée» 

M. Jacques. Ne le verrons-nous pas, "La conférence a eu, pourtant» un Plus que jamais, par exemple, le 
marraine ? autre résultat que l'admiration; Je jeune homme fait des; courses folles, 

—Roscob est allé le chercher. Mon- suis "dé ci dêe" à ne pas épouser le d'autant plus folles que le temps est 
te vite dans le coupé, ma petite, et vicomte de Mire, Mon vicomte ne horrible. Tantôt il pleut, et les cbe- 
■lerme la portière, il fait un froid s'occupera jamais d'oeuvres hutnani- mins ravinés se transforment en ata- 
f tuires ; mon vicomte sait parler des res gluantes ; tantôt la "towitaen- 

.. obéit ; mais, presque aussi- méritas de son "Psupoule", des eau- te" sévit, et Jacques, à moitié 

tût, haïssant la glace, elle tourna sans de salon, des pièces nouvelles aveuglé par les tourbillons de neige, 
la poignée de nickel, et sauta vive- et des livres en vogue ; il ne saurait s'en va à l'aventure dans la plaine 
nient à terre. pau aborder un sujet élevé, analj- glacée» 



!?£ 



r,E journal de Françoise 



Connue te cœur ne Shr.hu au, jour c'était Simui dont il entendait les 
inoubliable de la eonfêrettee, l«f«oêuï pas légers ou les refrains joyeux. 
de Jacques « son duo de sont- l,c travail, jusque-là sa passion, 
i" ranci" et de bonheur, ïkmà amours ne l'attirait pins, alors que la fée 
lut mu m 1 « ï : l'amour du sol na- charmeuse n'était pas là pour l'en- 
tai, si vivace, si fort., qu'un départ, a m rager tout en le taquinant : 
sans retour semble un jeune docteur "l>s idées viennent-elles, Mon- 
am : .t qoe toute sa, science médi- sieur Jacques? Allons, batte?, le bri- 
eak\ «nie à -son énergique volonté, quel, — un piquet pur granit d'Au- 
ne pourra jamais guérir. Quant à vergue 1 — et la flamme sacrée va 
l'autre amour... Oh! celui-là s'est jaillir". 

glissé sournoisement, en tapinois, i, a lui avait-elle assez répété cette 
ri.; us l'intime de l'âme. Après Ta- phrase avant la conférence, doutant, 
•wi.r appelé "indifférence", Jacques il en était sûr, du "jaillissement" 
lui a donné, le doux nom d'"arni- de "la flamme sacrée". Et, talon- 
ne ' ; pois, à Penneiière, quand les né par ce "doute", il avait parlé 
lèvres de Sazaa, pâles et treuiblan- comme il ne l'avait jamais fait, les 
tes. Se sont posées sur le visage bor- yeux fixés sur ce visage d'enfant qui 
rible de i'cnïani varîolenx, à l'an- reflétait des impressions multiples: 
sse folle, à La joie presque doit- inquiétude, surprise, attention pas- 
îoareuse qui l'envahissaient tout eu- sionnée, admiration, fierté. Oui.fier- 
tier. Jacques, étonné, troublé, a re- té! N'avait-elle pas dit, avec cet 
connu "T. amour"., élan qu'il aimait tant en elle: 

Oui, c'était lui! Depuis quand "Je suis Hère de vous! " 

avait-il forcé la porte jusque-là si ■ Et l«> à cette heure d'enivrement 

bien dose: c'est qu'il régnait main- complet, il avait failli laisse échap- 

Éeoaat, en souverain tout-puissant, P er FaTCU <l m ' s « r ses lèvres lo ya- 

et que lui, Jacques, s'était donné... îes > eût ité le df> " de tout M~^è- 

■ „ - me... 

mijours. 

Le lendemain, il avait échangé, 
Certes, le docteur avait lutté, s'ir- avec ]. a j eune fiH e , un adieu rapide, 
niant, dans son orgueil d'homme, m raidissant devant sa pâleur, dé- 
font re les chaînes qui l'enserraient V ant les larmes qu'elle s'efforçait de 
de plus en plus ; mais, à Penneiière,, retenir, et il était parti, songeant 
à Paris, les occasions de voir Suzan amèrement que le vicomte de Mire 
étaient trop fréquentes pour que, re- ou le premier freluquet venu ferait 
tombant sous le charme, il ne sentit oublier en quelques jours "l'amitié" 
pas très vite sa délaite. I] avait a- & v pauvre médecin de campagne. SrP 
lors escompté le départ, l'absence..., r/An avait sans doute "oublié", tan- 
Ht voilà que, dans la solitude de la dis qu'il souffrait lui, qu'il souffrait 
montagne, c'était â Suzan qu'il peu- affreusement, et ne trouvait pas, 
sait sans trêve, c'était Suzan qui dans l'absence, l'air natal, l'apaise- 
Jtti apparaissait ardente et rieuse., nient espéré. 



Jacques finit cependant par rou- 
gir de lui-même. 

"Il faut organiser ma vie, songea- 
t-il. Les langues jasent dans Orei- 
lles, mon père et ma mère de l'in- 
quiétude passent à la colère ; com- 
mères et . parents ont raison: le 
temps ne doit pas être gaspillé en 
promenades rêveuses ; on peut as- 
servir Y imagination et le cœur par 
le travail. Travaillons! 

Résolument, par un jour de tem- 
pête empêchant toute sortie, le doc- 
teur prit un livre et se plongea dans 
une étude aride, se promettant dt 
commencer le lendemain ses visites. 
Un violent coup de vent, qui ouvrit 
la porte de la chaumière, lui fit le- 
ver la tête, et il sourit, pensant à la 
( A suivre ) 

Le féminisme à Montréal 



On parle beaucoup de Féminisme dans le 
Vieux-Monde. Partisans et adversaires de 
cette théorie s'entendraient plus aisément s'il 
leur était donné a tous de voir combien les 
femmes américaines et en particulier les Cana- 
diennes ont simplement mis en pratique la par- 
ticipation de la femme à la vie économique. 

Nos filles, nos sœurs travaillent, et nous de- 
vons en être fiers. Elles tiennent à prendre leur 
part dans la vie et le mouvement des affaires, 
il n'est pas un bureau, une maison où la fem- 
me n'ait sa place réservée. Quelle que soit sa con- 
dition sociale, nous pouvons donc dire que la 
femme ehea nous n'est jamais à charge aux 
siens. C'est sa gloire, et celle de notre société. 

Malheureusement, nos jeunes filles ne songent 
pas que le travail, comme tout ici-bas, n'a 
qu'un temps. Arrivera la vieillesse, survien- 
dront les accidents et les maladies... Comment 
vivre alors? 

Puisque ces dames ne sont pas étrangères aux 
affaires, qu'elles nous permettent de leur tenir 
ïe netit raisonnement suivant: 

Un être qui travaille représente un capital qui 
produit, avec cette différence que l'individu pas- 
se et que le capital demeure. Ne serait-il pas 
en quelque sorte divin de | rolonger au-delà de 
la tombe l'activité passagère de l'être livmainV 
de créer en un jour, moyennant un léger sacri- 
fice immédiat et une petite épargne à venir, le 
capital monétaire que représente l'activité de la 
femme?,.. Ce miracle est à la portée rie tout 
le monde. L'Assurance sur la vie est ia fée 
bienfaitrice qui atténue les coups de la Mort 
et de la Maladie. 

Itéfléchiseess il ce que nous venons de vous sug- 
gérer, et demandez à I,A SAUVEGARDE, com- 
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